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LaDouce au pays des Merveilles

Déambulations d'une tendre curieuse

Vivre pour voir l’aurore éclairer les matins du monde.

Bonjour toi qui ne me connais pas encore. Veux-tu déambuler parmi mes esprits tous plus tapageurs les uns que les autres? N’as-tu pas peur de mes déambulations et de mes soupirs entre tes bras?

Tu es mon double et mon pourquoi. Ne fuis pas. Je me nourris de toi comme tu te nourriras de moi.

Nulle part où aller hormis dans mes bras. Attarde toi, tu es à moi. Mon roi. Ma chose déjà. Ne le vois-tu donc pas?

Ta peau je la veux couverte de mes coups, offerte à mes crocs, léchée longuement et langoureusement.

De tes lèvres je vais faire deux berges enserrant un fleuve de sang. Ton sang. Celui que tu verseras à force de morsures et autres tiraillements. Ta bouche je vais la dévorer. Goulûment. Sauvagement.

Je suis Louve des Carpates quand je te croise, Louve ivre comme une femme, de ton goût dans ma bouche.

Attache toi à ce mat que mon fouet apprécie car il t’immobilise, le laissant libre de danser autour de toi.

Je veux que son ballet jamais ne te laisse de répit et, qu’au bout de la nuit, tu m’hurles d’arrêter ce supplice. Supplice qui ne pourra s’interrompre, comme tu peux l’imaginer…

Ma main fera se tenir droit ce sexe qu’il me tarde de sentir au plus profond de moi. Tu jongleras entre la douleur cuisante de mes griffes sur ton dos et cette main divine qui te caressera.

Je saurai aussi te plaire en embrassant ta bouche sang pendant que mes doigts étireront les pinces retenant prisonniers tes tétons adorés.

Au petit matin, enfin, je te libèrerai et m’empalerai sur ton sexe magnifique. Je saurai onduler sur ton corps meurtri pour que jamais tu ne m’oublies.

Je te ferai quitter l’obscurité dans laquelle tu t’es noyé depuis trop longtemps déjà. Lorsque mon cri de joie retentira, tu sauras que l’heure de partir sera venue pour moi.

Je placerai un bandeau sur tes jolis yeux, un drap de soie autour de toi, et je partirai.

Dans cette salle  boudoir ne resteront que ces mots « Vivre pour voir l’aurore éclairer les matins du monde » et l’odeur de nos corps enlacés…

Dors bien mon roi des Carpates. Bientôt, de nouveau, tu seras à moi. Le cœur plus proche de ma lumière, presque guéri de ton obscurité.

Le corps prêt à recevoir mes griffes, mes crocs, ma langue et mes doigts au plus profond de toi.

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Et soudain le choc

Ce soir la voiture devant moi a percuté de plein fouet un camion, sur l’autoroute, à 90km-heure.

Ma vie s’est arrêtée un instant et a défilé comme jamais.

Pas le temps d’avoir peur.

Réflexes au maximum.

Je suis en vie.

 

Pour rien.

Pour personne.

Encore.

 

Je n’ai aucun regrets.

Aucune envie.

Je n’ai pas entendu les mots que j’espérais entendre de sa part en l’appelant (sa peluche m’a peut-être protégée qui sait… Sourires d’une mystique qui se soigne).

Je n’ai pas eu ses bras non plus, hasard de rencontres hispaniques (rires sincères et tendres).

 

Je ne leur en veux pas.

Je ne m’en veux pas de ne rien leur crier alors que je pensais en brûler.

 

Je n’ai pas peur de la mort.

Je me suis déjà enterrée…

Je suis en paix.

Je plane sans drogue.

Ce soir la mort m’a encore saluée.

Et on s’est bien marrées.

 

Champagne mes ami-e-s! Profitons encore un peu de ces minutes de vie avec ou sans envie…

 

Si vous aimez, criez le.

Si vous pouvez prendre soin de vous et des vôtres, foncez.

Créez. Jouez. Aimez. Vibrez.

La vie est courte et la mort nous enveloppe déjà.

 

Baisers tendres et gelés comme mon cœur, mon âme et mon corps ce soir alors que je porte fièrement une très jolie robe…

 

 

P.S: par chance la voiture n’a pas fait de tonneaux sur la mienne. Par chance tout le monde a bien réagi. Par miracle une ambulance était là aussi et a pris en charge circulation, appel d’urgence et soins.

 

P.S: j’ai une très belle et bonne étoile. Pourquoi? Pour qui? Je ne sais pas. Je la remercie.

Enveloppe-moi

Enveloppe-moi. Force mon corps et oblige le à te sentir sur moi jour et nuit.

Je veux ta langue audacieuse entre mes cuisses lorsque mes yeux s’ouvrent.

Je veux tes doigts dans mon sexe en poussées profondes et rapides.

Serre ce cou qui n’attend que ça, comme avec tes adversaires judokas.

Ton sexe que j’aime va me pénétrer dans cette intimité qui t’accueille si souvent.

Oublie les fessées dont je ne veux déjà plus.

Laisse moi hurler sans oreillers sur le visage.

Je veux des caresses électrisantes sur mes hanches, entre mes cuisses.

Rends-moi ivre des ondes que tu provoques quand tu m’effleures là.

Je veux que tu sois cette ombre qui par miracle se fond en moi.

Offre à mes joues leur plus belle couleur: ce rouge sang, fruit de nos unions.

A très vite miel dont la peau m’appelle.

Jolie fleur jaune à nulle autre pareille.

Je rêve parfois d’une vie simple avec nos enfants en ta compagnie.

En attendant je compte déjà les jours qui m’éloignent de toi.

Belle journée Mimosa.

 

Je suis passante émerveillée

Vie décousue, recousue, dissolue, je vole où le ciel m’envoie.

Amoureuse autrefois d’un corps, d’un mot doux murmuré sur un lit

Je me protège aujourd’hui et fuis l’émoi.

 

Pourtant, à la faveur d’une après-midi,

J’ai réappris l’émerveillement.

Sentir sa peau nue contre moi, son désir au bout de ses lèvres. Me livrer à ses ardeurs après l’avoir fait attendre des heures. Le voir, encore fiévreux et malade, se surpasser pour me pénétrer. En rire. L’admirer.

Magie des miroirs qui enchantent les amants qui s’y noient.

Lire avec toi. Pour la première fois.

Parce que je ne suis pas seulement  liée à toi mais libre avec toi. Libre de célébrer notre première fois tous les mois de juin, guitare à la main. Libre de réécrire ce contrat et de se demander « on remet ça encore une année, encore une fois? ». Libre de créer notre couple avec eux, avec elles, avec nos ressemblances et par-delà nos différences.

Puissance.

De l’être aimé dans mes yeux.

De moi dans les tiens.

Je pars déjà mais ne crains rien: demain est un mot écrit pour nous.

Tu m’écris que tu m’aimes encore plus qu’il y a trois ans.

Je te répète comme je nous construis tendrement.

Toi, Moi, Nous, nos Autres, c’est beaucoup. Beaucoup d’amour, beaucoup d’amitiés et de tendresse. Beaucoup d’humains dans un monde un peu fou.

Je ne t’aime pas pour les mêmes raisons qu’autrefois, je t’aime autrement; parce que je suis de plus en plus femme, de plus en plus artiste, de plus en plus forte aussi.

Parce que je cherche l’émerveillement dans le brouillard ambiant.

Parce que je veux construire le présent.

Parce que tu es mon grand amour, tout simplement.

Celui qui n’existe dans aucun livre. Celui qui ne pouvait se vivre autrement. Celui qui accepte mes autres sentiments pour des amants omniprésents et attachants.

Liens. Liberté. S’émerveiller. Créer. Construire. Définir et redéfinir. Découvrir. Muer. S’accrocher. Parler. Se toucher. Se bouffer. S’emmêler. Mêler deux vies dans mille autres. Rire. S’adorer.

 

Merci Merveille d’être cet homme qui fait de ma vie une Oeuvre d’Amour, une Oeuvre Ecrite, une Oeuvre d’Images et bien plus encore.

Bientôt je saurai que tout est possible, que je peux tout, que j’ai tout et que je peux demander encore plus au monde.

Pour le moment j’ai encore besoin de tes yeux qui brillent quand tu captures l’image de ma bouille en voilette, couverte du fluide de nos amours.

Ces yeux qui me font me lever et sourire à la vie qui va.

Je fais mienne la phrase de cet Artiste que j’admire parce qu’il a fait de son Oeuvre sa vie. Un Absolu formidable qui m’a offert ces mots récemment: « il y a des hauts et des vas ».

Alors je vais, n’oubliant pas de rester cette passante émerveillée que l’amour a créé.

Cette femme-enfant amoureuse de tout et de tous tout le temps.

Cet artiste qui vibre ainsi de plus en plus souvent.

Ton amour. Ta souris.

 

Ciel etc…

Allongée sur une table, elle attend. La verrière au-dessus d’elle fait passer tour à tour des nuages, un soleil brûlant, quelques oiseaux et ce ciel qui ne cesse de changer. Bleu, azur, topaze, émeraude, violine, indigo, outre-mer, parfois gris ou blanc, qu’il est bon de s’y perdre, le regard fixe, le corps enfermé dans une posture faite de torsions sous ses yeux. Les yeux du maitre, ceux de sa femme ceux encore de cet ami qui danse des uns vers les autres.

La douce statufiée rêve de coller des objets sur cette verrière pour en faire un tableau. Un tableau comme Elisa sait les faire: charmant et coloré, féminin et léger. Il faudrait y mettre un parapluie, elle déteste avoir les cheveux mouillés, il serait nécessaire d’y rajouter des avions, un aéroplane, des hélicoptères, des ballons. On pourrait oser aller plus loin que le ciel vers l’espace qui dépasse la phrase des enfants  : »où commence le ciel, au bout de mon cerf-volant? ». Avec un collage sur l’espace il faudrait découper des étoiles, la lune et même des fusées et des navettes spatiales, quelques planètes et météorites pour jouer avec les satellites des hommes arrogants.

Oh et puis ces collages ne vont pas! Madame la Modèle veut de l’existentiel, de l’essentiel, du démentiel et non du partiel superficiel venu d’un potentiel logiciel providentiel!

Allez zhou l’artiste, mets tes couleurs au sol que la petite y glisse ses petons de gosse! Du trente cinq pardi, ça se trouve pas partout du trente cinq!

Jouer avec les couleurs: du rose, du noir puis de l’orange, du vert, du jaune et du turquoise. Elisa, ça sent la gamine prête à danser non?

Allez danse gamine, danse étoile aux pieds nus sur cette table devenue toile sous tes couleurs. Barbouille, trifouille, chatouille. Transforme donc le fiel de la vie en miel pour le plaisir de nos prunelles.

Danse. Pour elle, pour lui, pour cet autre qui vous photographie.

Je veux des bulles de savon, des montgolfières colorées, des longues vues et des télescopes pour que tous les voisins te voient nue!

Eau, vent, éther, gaz, neige, pluie, brume, tu deviens tout cela petite fille au cœur pur. Crève donc le brouillard, balaye les poussières, fais de cet atelier, l’espace d’un instant, une ribambelle de possibles, un rêve sans vide.

Où commence le ciel?

Dans tes yeux mon enfant. Dans ce visage que tu nous tends, dans ses fesses que tu balances outrageusement, dans ton rire qui éclate nos tympans.

Approche-toi, ne bouge pas, je veux maintenant que tu t’allonges pour peindre ton paradis, ton sexe souriant. Laisse couler ta sueur et tes larmes gouttes d’eau sur la toile.

Sois notre oxygène, notre oiseau chanteur.

Je ne veux pas de parachute quand je tomberai dans le ciel de tes bras. Le paradis commencera quand tu seras à moi. Pour l’éternité.

Peinte sur la toile rouge du sang de nos amours, ta chaleur à jamais capturée sur ma toile.

 

 

Contraintes d’écriture:

Placer le plus de mots trouvés en groupe liés au ciel (ici 69 sur 83) et placer la phrase « où commence le ciel? ». Dédicace à quatre artistes qui se reconnaitront. Merci encore pour la fabuleuse journée d’hier.

Ecrire: oui mais comment?

J’ai la chance d’avoir exploré trois sortes d’ateliers d’écriture. Dans chacun je me suis amusée et j’ai progressé.

Petit retour sur ces aventures.

 

D’abord commençons par Flore qui m’a mis le pied à l’étrier avec ses Ecrits Polissons du mercredi soir. Actuellement ils se déroulent au bar 153 en face de Beaubourg un mercredi par mois. J’y aime les auteur-e-s présenté-e-s qui , pour certains, sont devenu-e-s des proches et la très joyeuse ambiance qui règne dans ce lieu.

Le principe: un artiste présente son oeuvre puis on écrit à plusieurs selon nos envies en tenant compte des terribles (rires) contraintes d’écriture de la maitresse de cérémonie. Chaque groupe lit son texte et le groupe gagnant reçoit un ou plusieurs livres de l’artiste programmé. Le choix du gagnant se fait par tirage au sort de chacun des participants.

L’ambiance est très sympathique et j’aime y retrouver mes compagnons et amies d’écriture.

Le plus: écrire à trois ou quatre développe l’esprit de coopération et booste sa propre écriture. J’ai ainsi fait de jolies rencontres d’artistes présent en mode incognito ou d’artistes qui s’ignoraient et qui depuis osent écrire.

 

Les ateliers de la librairie L’Etabli à Alfortville m’ont permis de m’amuser, de m’arracher les cheveux parfois (rires) et surtout de progresser.

Le principe: Marc nous présente un bout de texte et nous offre des contraintes d’écriture extraordinaires dont j’admire la variété.

La librairie vient de déménager et elle est superbe: pleine de lumière et de la joie de vivre de Sylvaine, avec une grande table pour écrire à plusieurs. L’ambiance est sympathique aussi. J’ai un faible pour les fidèles que j’adore (bisous Patrick qui illumine l’atelier, Sybille que j’admire et dont j’aimerais apprendre la langue maternelle, Christine aux textes si doux, Ghislaine qui me porte au-delà des mots, Philippe que j’adore et Marc qui me rend si heureuse chaque mardi soir). De nouvelles têtes apparaissent en ce moment et j’aime découvrir de nouvelles sensibilités dans leurs textes.

Le plus: j’écris de mieux en mieux parce que les propositions d’écriture sont géniales mais surtout parce que nous sommes tous égaux et liés par notre passion de la mise en mots de nos envies, de nos peurs, de nous. Une belle communion d’humains en or. Merci à vous. Je progresse aussi parce que vos regards bienveillants me portent infiniment.

 

 

L’atelier sur l’écriture de nouvelles des Mots.

Le cycle de dix séances de deux heures est terminé. Nous étions treize inscrits au début et nous étions souvent huit en atelier.

Le principe: à partir d’exercices à faire sur place et lus , par les critiques des participants et de Sonia sur ces textes produits en atelier, le participant va se lancer dans l’écriture d’une nouvelle. Celle-ci sera à rendre avant le dernier atelier pour être critiqué par tous ensuite.

Le lieu est agréable: spacieux et lumineux à l’étage, plus sombre et cocooning en bas.

Sonia est très sympathique et le groupe était critique mais pertinent et bienveillant.

Contrairement aux deux autres ateliers sans ambition de « formation », celui-ci est censé nous permettre d’apprendre à écrire une nouvelle.

J’ai aimé les sujets proposés et la pertinence de leurs corrections. Sonia accepte de lire et corriger les textes qui ne sont pas lus en atelier (on ne peut en lire que quatre ou cinq faute de temps à chaque fois). Ces corrections m’ont permis d’avancer dans le repérage de mes lacunes. Par contre il me manque clairement une trame de cours. Dans un mois je ne saurai pas quel était le texte d’Agnès ou de Solène et mes notes dessus ne me parleront plus. Le public avait clairement des notions de grammaire, mise en mots, schéma de narration plus abouties que moi. Faire face à des journalistes, juristes ou encore membres de l’édition ce n’est pas simple quand, comme moi, on écrit librement sans bases solides (mes années fac sont loin!). Sonia vient de sciences po, elle a un capital sympathie et de bons exercices à proposer. Malheureusement son atelier demande un solide prérequis: maitriser parfaitement la construction d’un texte et une excellente maitrise post-bac de l’écriture. Dommage. Je repars avec mes défauts pointés du doigt mais sans solutions pour les corriger.

Le plus: j’ai écrit ma PREMIERE NOUVELLE et ça c’est magique après trois ans de pages blanches! Sonia a réussi à me donner envie de dépasser mes deux pages et mon format court. Ce n’est pas rien.

 

Mon atelier idéal aujourd’hui:

 

Je veux garder la bonne ambiance des ateliers auxquels j’ai participé. Pour moi c’est le principal. Ecrire n’est pas un métier pour moi mais cela devient vital. Je veux des rires, de la légèreté, de la bienveillance en atelier pour progresser. Je suis une grande amoureuse, on ne se refait pas.

Il me faudrait ensuite une vraie méthodologie avant de démarrer les exercices. On pourrait parler par exemple trente minutes sur l’accroche, avec un document remis qui pourrait servir de base après l’atelier. Il me faut un moyen théorique de progresser en plus du pratique. J’écris d’instinct mais celui-ci ne fait pas un excellent texte sans réflexion, sans suées et sans intellectualisation de mes personnages, des lieux où ils évoluent, sans scénario parfaitement établi.

Je vois bien, pour finir, un texte à écrire pour la semaine d’après et qu’on lirait et corrigerait ensemble en atelier. Texte qui serait envoyé à tous les participants le dimanche précédent l’atelier. Je veux garder mes notes du texte de Virginie AVEC le texte de Virginie. Sinon à quoi cela me sert d’avoir des corrections d’un texte fantôme? A rien. Sonia a eu l’excellente idée de nous faire partager nos nouvelles le dimanche avant l’atelier du mercredi. J’ai aimé parler de Jeanne et de mon texte avec tous les participants et Sonia. J’ai juste regretté que les autres participants n’aient pas proposé leurs travaux.

 

Voilà, je vous ai fait part de mes envies, de mes expériences.

Et vous, quel serait votre atelier préféré et pourquoi?

Participez vous à des ateliers? Si oui où et quand? Qu’en pensez-vous?

 

P.S: l’atelier de Flore coûte 10 euros. Celui de Marc est à 5 euros plus une participation de 10 euros annuelle qui permet d’adhérer à l’association des amis de la librairie L’Etabli. Les dix cours de Sonia Aux Mots coûtent 380 euros.

 

P.S2: je pense m’inscrire aux ateliers en ligne d’Aleph-écriture, vous connaissez?

Je ne suis pas un corps dont tu disposes…

Les femmes parlent, les femmes osent, je les aime.

Les hommes écoutent, les choses avancent.

J’ai eu la désagréable sensation d’être un réceptacle à sperme  il y a peu et je ne le supporte pas. Venant de n’importe quel abruti attrapé sur adopte un queutard ça ne passe pas, venant d’un proche que j’affectionne c’est inimaginable! Cela pose indéniablement la question du corps de la femme comme objet sexuel et la nécessité brûlante de définir précisément ce que le couple en devenir souhaite…

L’homme en question me demande où j’en suis de ma vie sentimentale. Il connaît un peu ma vie depuis trois et demi que nous nous côtoyons et nous apprécions. Je lui annonce être calme et en recherche de l’homme avec qui construire une relation sensible et à long terme. Après cinq heures de sms complices et francs, nous convenons d’un rendez-vous.

Le hasard du calendrier fait que je passe le voir la veille du jour convenu, tard dans la nuit. Je me fais belle, hydrate ma peau épilée, tremble comme une ado, appelle au secours mes amies qui m’encouragent à le voir et me répètent que je mérite un homme de valeur à mes côtés. Je lui envoie un sms lui indiquant ma peur adolescente, on en rit. Le pire ce sera pour plus tard, pour le moment je savoure cette heureuse improvisation…

Que raconter d’autres…

Je suis rentrée à 3h45 chez moi, j’ai enchainé avec mon travail auprès d’humains. Et je n’ai eu aucun message.

Vous connaissez cette voix qui vous crie qu’il est comme les autres, un homme aimant soulager ses tensions sexuelles dans les trop gentilles qui passent par là? Vous la connaissez l’autre voix qui dit que non, pas lui. Qu’on ne peut pas me faire ça. Pas en ce moment. Pas un an pile poil avant une autre rupture qui ne s’est vraiment concrétisée que le premier aout? Pas après la mort de mon ami. Mort qui me réveille la nuit depuis plus d’un mois? Pas lui. Pas lui…

Cri et larmes.

« Désolé mais j’ai pensé à nous toute la journée ça ne va pas être possible ».

Moi je lui avais envoyé ça quelques heures plus tôt:

« Merci pour ces 3h30 qui sont passées trop vite. J’aime ta peau. J’aime ta bouche qui m’appelle encore. Je rêve de ton sexe dans mon corps. Je garde en mémoire sa forme au fond de ma gorge, à m’en étouffer, pour te combler et me faire frissonner.

Merci pour tes rires et tes yeux rieurs de gosse que je kiffe presque autant que ton sourire d’ange. Un ange qui sait serrer ma gorge à m’en faire jouir, un ange qui peut devenir démon sous les lumières rouges de notre désir…

Il ya deux moments inédits qui m’ont particulièrement séduite. Le premier a été de te sentir retirer mon élastique et relisser mes cheveux puis les tenir fermement. Je ne sais pas si tes autres femmes aimaient cela mais j’ai adoré ce geste et cette possession. C’était doux et fort à la fois, amical et sexuel aussi. Une jolie combinaison de sensations qu’il me tarde de mieux définir…

Le second moment a été lorsque tu t’es assis, épuisé, sur le canapé et que je me suis blottie en toi. C’était simple mais plein de joie et de complicité.

Pour finir ,merci pour cette jouissance incroyable de par sa puissance, son émotion. J’ai adoré sentir ton corps s’enfoncer en moi, tes jambes ne te soutenant plus tant tu prenais du plaisir. J’ai joui de te voir ainsi perdre pied et orgasmer.

Envie de te lire. Merci encore. »

 

On pourra rire de me voir si romantique, lyrique, complètement à côté de la plaque devant ce qui se trame. Dix-huit lignes enflammées (vive l’auteure de textes érotiques lol) contre une : voilà tout ce qui nous sépare.

Douche froide. Colère. Pleurs. Mes sms seront plein de ces sentiments que je déteste et que je ne contrôle pas encore. Il clôturera cet échange par « je coupe ».

Bref. Le désastre.

Il y a une chose qui pour moi est essentielle: à aucun moment je n’ai vu cet homme comme un jouet sexuel. A aucun moment je ne l’ai pris pour assouvir une pulsion. Je distingue l’amour du sexuel et j’adore jouer en club. Mais en club nos corps se partagent avec consentement et je ne cherche pas à connaître l’humain derrière une paire de seins ou un sexe fièrement dressé. Je recherche des bouches, des fluides, des orgasmes. Dans le respect des corps et des êtres. Avec consentement. Je déguste et je m’offre.

Hors de ce cadre j’aime être séduite, partager des instants verticaux avant de passer à l’horizontal si le cœur nous en dit, à mon ami et moi. Je pensais que le connaître depuis trois ans et demi me dispensait du fameux « ne couche surtout pas le premier soir » puisque justement pour moi ce n’était pas notre première soirée!!! Et puis quand tu annonces vouloir une belle histoire tu supposes que l’autre ne pense pas que tu es en mode séductrice d’un soir et après chacun reprend sa vie pépère!! Je ne comprends pas.  A quel moment je n’ai pas été claire sur mon envie de construire une relation longue durée, sympathique et sensuelle?

Comment un homme cultivé, agréable, connu depuis des années, qui sait que je recherche un homme pour une relation sérieuse, peut me « jeter » comme un mouchoir après utilisation! Parce que la société lui a appris qu’une femme libre est une pute. Que cette femme est utilisable encore plus que les autres. Que toute femme qui couche dès le premier soir est à jeter et que c’est mérité. Parce que les libertins sont finalement bien plus féministes que les gardiens municipaux ou les politiciens. (P.S: selon certains avis masculins: parce que tu es fantastiquement et « animalement » sensuelle. Rires. Oui j’aime le sexe mais je voulais clairement plus quand lui voulait déjà en rester là…).

Les vendeurs de yoghourt nous montrent des pubis pour nous faire acheter leur poison laitier, les commerciaux vendant des voitures nous proposent des pin-up à chaque salon de l’automobile. Des modèles se font harceler, deviennent anorexiques ou cèdent aux avances de leurs patrons « pour réussir ». Mon ami s’est juste servi des codes de nos sociétés pour m’user et me jeter. Je sais que ma colère ne durera pas et que je garderai vite de cette soirée le feu de nos corps et ses bras tendres autour de moi. Je sais aussi que nous reprendrons nos vies là où elles étaient et que nous resterons amis. Je ne sais pas ne pas oublier les mauvais moments. Plus encore, je ne sais pas gâcher une amitié…

Oui mais…

Oui mais aujourd’hui les femmes crient et se battent.  Leurs pères, leurs frères et leurs amants les soutiennent. Elles refusent de se faire tripoter dans le métro, elles refusent de se taire face au harcèlement. La parole se libère. Quand on est riche et belle on est évidemment plus écoutée que lorsque l’on est pauvre et prostituée. Le chemin est long mais il a du sens. Les suffragettes nous ont permis de voter dans nos pays, osons vivre en harmonie avec nos hommes. Merci aux actrices de mobiliser les médias, bravo aux féministes hommes et femmes de défendre une égalité qui n’existe absolument pas…(cf sur arte « les suffragettes, à la conquête des urnes disponible jusqu’au 2 avril).

Eduquons nos enfants, ils sont notre espoir pour les prochaines décennies, ce n’est pas rien. Les éditions Milan viennent de céder face à 150 000 signatures demandant le retrait d’un livre pour adolescents chosifiant le corps des demoiselles. Ces signatures ont été obtenues en 24 heures grace aux réseaux sociaux! (cf the nasty uterus, femmes et féministes insoumises et j’en oublie). Je n’ai pas signé cette pétition: la liberté de la presse est ma priorité. Néanmoins je me réjouis de sa non rééedition. Les tétons en érection d’une jeune fille y étaient par exemple montrés comme disgracieux et pouvant attirer les garçons. Je l’ai commandé à ma libraire pour en débattre avec mes enfants: fille et garçons ensemble, unis vers un enjeu sociétal de taille…. L’astuce proposée dans le livre pour « cache(r) ce sein que je ne saurais voir » était de mettre des tissus plus épais pour le camoufler… Si le corps des femmes étaient si excitants, les lesbiennes seraient de superbes violeuses. Et pourtant…

Aujourd’hui j’écoute la radio et j’entends des hommes hurler sur ces « chiennes » qui couchent librement alors que mes amies libertines se vivent heureuses en club et calmes dans la vie « réelle » par peur de représailles dans le monde du travail ou l’entourage familial. Tout le monde parle de liberté sexuelle mais on préfère encore une femme sans trop d’amants à une croqueuse d’hommes au moment de choisir celle qui deviendra la mère de joyeux enfants. Ma fille se fait reluquer au cours de natation par des ados qui regardent si elle a des « nichons » et des bonnes « fesses ». Je lui dis quoi? Ne fais pas attention ou au contraire compare donc leur taille de pectoraux et de sexe, ça leur parlera peut-être! Navrant.

Quand je ne veux pas être draguée dans le métro je sors un livre très sérieux et mes lunettes. Barrage obligatoire. Jamais de tenue sensuelle dans le métro. Jamais en famille non plus. Ne pas dévoiler mon décolleté, ne pas laisser apparaître mes bas. Quel homme se pose la question du sexy de son jean en sortant de chez lui? Aucun en tout cas pas dans ces termes. L’homme soignera son apparence mais ne craindra pas d’être violé parce que son jean laissait apparaître une raie des plus avenantes (rires, jaunes). Quelle femme oserait exiger une épilation intégrale à son homme s’il souhaite une fellation parce que « les poils c’est dégueulasse ». Aucune (Charlie Fortenis me suggère: certaines. Soit. Ce n’est toujours pas une demande habituelle chez une femme. De plus, a priori, elle ne serait pas exigée « contre » une pratique intime, mais je  me trompe peut-être). Et moi on me demande « si possible » de lisser mon sexe dont la toison abondante et douce « gêne ». Pas d’esthéticienne, pas de cuni. Cela pourrait être drôle si ce n’était pas catastrophique. Et que dire des insultes reçues par cette mannequin aux jambes poilues qui posait pour Adidas? Dommage que les hommes, hormis les cyclistes et autres curieux personnages (humour noir) ne s’épilent pas partout! Nos amies esthéticiennes pourraient voir leur niveau de vie bien augmenter!!!

Lucile, Chloé, Léa, Sarah et vous toutes adolescentes en pleine puissance, ne laissez pas faire ces hommes qui ne comprennent pas l’égalité, le respect et le faire ensemble. Qu’aucun homme ou femme ne critique votre beauté ou ose vous harceler parce que votre corps exprime une sensualité folle. Que personne ne puisse vous mettre sous cloche et vous utiliser comme objet de soulagement sexuel. Je croise les doigts pour que l’homme que vous voulez en ami intime de longues années ne vous jette pas au premier câlin pour des motifs mensongers qui cachent son utilisation de votre corps à des fins jouissives. Je ne veux pas que vous connaissiez mes colères et mes larmes, pas que vos maris vous pénètrent la nuit dans votre sommeil parce qu’une femme « ça sert à ça », pas que vous connaissiez cette zone grise qui s’active en cas d’agression non plus…(cf arte mardi 6 mars « sexe sans consentement »)

Mes puces parlez à vos hommes, parlez à vos femmes soyez vous même. Le respect, l’égalité, le consentement sont nécessaires. Il n’y a pas une sorte de sexualité mais il n’y a qu’une manière de grandir, hommes et femmes, tous unis: en se respectant en tant qu’humains. En acceptant la variété et en combattant les normes sclérosantes.

Je veux des bouches, des sexes, des seins d’humains, pas de pantins. Je veux choisir d’aimer sans désirer , de désirer sans aimer, de vibrer. Encore et encore. Toujours. Je ne sais pas désirer un corps sans ressentir l’humain mais si juste mêler vos corps vous suffit , pourquoi pas. Pour elle les corps ne vont qu’avec le cœur. Pour moi je peux différencier corps et cœur mais pas corps et humain. Elle peut ne désirer qu’un corps et accepte que l’autre interagisse de même. Tout est beau et bon si les protagonistes sont sur la même longueur d’onde. Tout est acceptable si un consentement mutuel est posé.

Mon corps est un royaume dont je détiens seule la clé. Messieurs, mesdames on va vous aider à intégrer cette vérité…

 

 

 

 

Ma peau contre la tienne et la vie qui renait…

Dormir contre toi. Entendre ta respiration s’arrondir, se ralentir et te sentir enfin au calme, endormi, bienheureux. Savoir que maintenant je peux me reposer, enfin, après des semaines sans sommeil à pleurer les hommes et les femmes qui ont fui.

Sentir ta chatte jouer avec mes pieds, monter ici ou là, et laisser faire; ne pas lutter, ne pas retourner dans le passé non plus, juste savourer.

Savourer ta peau tiède ou chaude par endroits,  s’imprégner de la douceur de tes poils. Te rappelles-tu comme j’aimais y glisser mes doigts d’enfant, les démêler, les lécher? Je n’ai jamais pensé te demander ce qu’il te restait comme souvenirs de nos ébats… Il y a tant de pensées qui me viennent lorsque je nous ressens l’un dans l’autre,qu’une nuit ne  suffirait pas à tout te rappeler.

T’embrasser l’épaule pendant ton sommeil comme autrefois, parce que ce geste est plus fort que moi, parce qu’il y a mon infinie bonté dans cette caresse, parce que c’est toi et que personne d’autre n’y a droit… Parce que je t’ai aimé sans rien attendre en retour d’un amour que je n’offrirai plus jamais: absolu, d’une pureté d’enfant, extatique, unique en tout cas.

Et puis ce matin ta main qui glisse sur ma joue, la possède toute entière. Mon souffle qui accélère, mon corps qui tremble. Ton éternel pouvoir sur moi, ce pouvoir que j’ai refusé à tous les hommes que j’ai rencontrés depuis tant d’années. Ce pouvoir dont tu n’as jamais abusé.

Ta main forte, si grande, qui presse maintenant ce cou qui n’a jamais été serré aussi bien que par toi. Mon sexe qui explose, coule, tremble et me démange, je me cambre et frissonne de plaisir. Comment fais-tu cela, comment sens-tu si bien ce que mon corps ne savait plus faire: exploser, jouir, aimer, s’abandonner? Ta bouche se rapproche de mon oreille qu’elle mordille avec délice, je ne peux plus réagir, le temps s’est arrêté, je suis liquide et tienne, encore une fois, une si jolie fois…

Mon corps se presse contre le tien qui réagit. Ma main cherche ce sexe que j’ai tant bu et aimé, sexe que je n’ai pas oublié et qui me poursuit  dans mes rêves; sexe qui me réveille avant l’orgasme lorsque je me caresse. Tu te fais onde vigoureuse au creux de mes reins, tu malaxes mes chairs et leur redonne vie. Mes cuisses, mon cul, mon sexe se réchauffent, retrouvent l’envie: magicien qui m’offre la vie, qui d’un souffle m’envahit. Tu es cet artisan qui de la terre fait jaillir la femme, qui enlace et sublime. Je me retourne et retrouve tes lèvres.

Tes lèvres, ces lèvres tant dégustées pendant toutes ces années, je te les vole à présent. Il me faut leur douceur, leur volume, le goût de leur salive. Au réveil je me gorge de ton suc, de ton miel. Que j’aime ta bouche qui me salue, que j’aime ta saveur unique au petit matin…

Mon corps se fond dans le tien, mes vêtements n’existent plus, je te ressens si fort que je suis nue comme toi. Tu interromps ce ballet, tu as toujours été celui qui réglait le tempo, je te reconnais bien là, tes lèvres restent collées aux miennes mais tu m’interdis l’accès à ta bouche. Je suis pleine de ta saveur, humide de tes baisers, humide de tes doigts qui, auparavant, avaient fait exploser mon sexe par des caresses uniques et terriblement efficaces.

Mon cœur se calme, ma respiration s’apaise, ma sueur arrête de couler. Seul mon sexe et mon cul s’emballent encore.

Tu me serres fort dans tes bras, nos têtes s’enchevêtrent, nos corps se sont retrouvés dans ces caresses. Nos âmes aussi j’ose le croire. Des âmes apaisées, amies, des âmes qui avancent dans la vie en refermant le premier tome de notre rencontre. Des âmes qui ainsi, ouvrent le prochain livre de cette aventure qui a changé ma vie.

Je pars légère, ce matin tu as guéris mon corps: il sait à nouveau vibrer après six mois à hiberner. Il me reste à réchauffer ce cœur de glace et à adoucir la lionne rugissante que je suis trop souvent aujourd’hui. Tu m’as offert un début de possibles, merci pour ce trésor. Tu m’apprends que pour être heureuse il me faut être libre. Libérée de mes peurs, de mes rancoeurs,  libérée de mes larmes et de ma dureté envers l’humanité. Ce n’est pas rien. Il faudra un jour que quelqu’un m’explique pourquoi je ne dors bien qu’entre tes bras! Hommes, femmes, animaux ne me vont pas alors que toi!! Sourires. Merci beau lion d’être mon gardien de rêves surprenants mais fabuleux. Merci de m’apprendre à avancer dans la vie coûte que coûte, la tête haute. Merci de me rendre forte et de me bousculer. Tu n’as pas fini de me supporter! Sourires. Belle journée , à très vite bel homme…

 

P.S: Ton odeur mon dieu, ton odeur… Dans l’appartement, dans ce lit, sur cette couette, sur tes oreillers. Au creux de ton cou, près de tes épaules. Tu n’as pas idée comme je suis ivre de tes effluves, comme les sentir me transforme, comme je dois me contrôler en respirant à peine quand tu es près de moi. Ton odeur c’est ton sexe qui me découvre et m’ouvre. Ton odeur c’est ta langue qui capte mon âme et ouvre mon cœur. Ton odeur c’est la vie depuis des siècles qui défile en moi, comme si je te connaissais depuis mille ans, comme si j’avais été tienne dans un temps si reculé que ta mémoire ne s’en rappelle pas. Ton odeur… Je vendrais mon âme pour ne jamais l’oublier.

 

 

 

Ode à l’amour (ou pas)

En cette journée de l’amour je voudrais rire et savourer ces jolies marques d’affection. Le seul hic c’est qu’aujourd’hui ce monde n’est que violence, utilisation des autres, bagarres et autres meurtres. Un monde qui fait regretter d’avoir enfanter, qui fait regretter d’avoir aimé intensément. Qui? Pourquoi? Comment?

Franchement je profite de mon isolement pour savourer les petits bonheurs de la vie. Le soleil sur un chien endormi, le chant d’un oiseau, l’écoulement de l’eau…

Je m’attarde sur ces instants d’une beauté qui m’émeut encore. Je les déguste, les savoure, les fais miens.

Et je regarde amusée la foule des humains qui parlent des heures de l’amour, de ce sentiment qu’ils ne connaissent pas mais qui fait vendre. Des parfums. Des fleurs. Des tonnes de bonnes intentions et autres futilités.

J’ai aimé, adoré, je me suis offerte à l’Amour et aux objets de mes sentiments. Je regarde avec tendresse cette époque passée. Je ne veux plus aimer, plus m’offrir, plus m’égarer.

En français aimer est un verbe sans consistance. On aime le saucisson, un tableau, un enfant, un chien, un sentiment. Pas étonnant que ce mot n’ait aucun contenu!

Aujourd’hui j’offre ma bienveillance, ma tendresse à qui la veut. Je ne donne plus mon amour. Je répare mon cœur qui est aussi froid que ma maison ce soir.

J’apprends à aimer des instants non des gens car ils partent trop vite ou trahissent si facilement (bisous à chaton, le capitaine, la dirlo). Bisous à Nando mort si bêtement, si vite et qui ne nous laisse même pas un corps déformé pour nous recueillir…

J’ai peur de devenir ce genre de femme aigrie entourée de sa ménagerie. Heureuse seulement en leur compagnie. Il faut l’avouer, ce soir, seule ma chienne me rattache à cet univers des sentiments que je ne fréquente presque plus. Elle seule sait manier mon cœur et mon intelligence pour la sublimer. Elle seule m’accueille entièrement heureuse sans a priori.

Pour les autres je suis cette bonne soignante, cette performeuse amoureuse de sexe libre et joyeux, cette mère éducatrice trop trop cool, cette femme qui se fera belle demain au restaurant.

De moi il reste encore ces textes, mes photos, mes nus… Plus grand chose à vrai dire.

J’apprends à laisser partir ceux qui ne restent pas à mes côtés, à sortir de ce besoin d’être entourée. Retourner à cette solitude autrefois appelée timidité, aujourd’hui peine face à ceux qui devraient être mes frères et mes sœurs et qui ne sont que jouets immatures et cruels.

Et puis il m’a regardée. Ses yeux brillaient comme s’il me voyait pour la première fois de sa vie. Un regard vite baissé par timidité sur ma poitrine offerte. Rougeurs sur ses joues d’ado bourgeois. J’ai ressenti une petite chaleur au fond de mon cœur, celle des « et pourquoi pas renaitre enfin? ». Voix qui s’est éteinte après lui avoir parlé. Parce que je ne suis rien et qu’il est tout. Parce que ce monde ne mélange pas le petit personnel et le patron. Parce que sa femme meurt et que je ne serai pas celle qui lui brisera le cœur.

Parce que cette année je fuis.

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