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LaDouce au pays des Merveilles

Déambulations d'une tendre curieuse

Tourbillon

Ta bouche, ton torse, ton sourire. Je te veux, tu me plais, je vais te dévorer. Rires. Attends, ne t’enfuis pas, je ne mords pas.

Je ne mords pas… Enfin si!

Je mords, je goûte, je suce et je suçote.

Je doigte, je pénètre, j’écartèle, je te bois, j’halète, je suis prête.

Prête à t’aimer, te dévorer, te martyriser, te sublimer.

Prête à arrêter cette quête un jour, voilà…

Alors je m’installerai sur ce sofa avec mon chat dans les bras.

J’écrirai des heures avec ce stylo à l’encre rose fushia.

Et j’apprendrai enfin à jouer de l’harmonica.

Oui mais là tout de suite maintenant je veux:

Ton torse nu collé à mes bras, ta queue dure et humide dans ma bouche, tes doigts travaillant au plaisir de mon sexe coulant de désir.

Je crie d’envie de te gifler, de te baiser, de te mordre et remordre jusqu’à ce que ta peau cède et m’offre des suçons indécents que tu devras cacher.

Je veux tordre ton sexe, écraser tes testicules, goder ton cul que j’adore plus que tout.

Je veux tes yeux baissés, ta peau dévastée, ton âme torturée, ton cœur prêt à exploser.

Et puis je veux m’en aller, te laisser, me calmer.

Ne pas m’engager à te revoir, ne pas te parler, ne pas te recontacter.

Te garder en souvenir délicieux d’une nuit d’été sous les palmiers.

Savoir que ce soir là je t’ai aimé, je me suis apaisée,  j’ai aimé l’Humanité. Mais revenir dans mon terrier, me cacher, me protéger. De ces envies, de tes yeux, de cet amour qui de nouveau me terrorise. De cette humanité qui n’est que vulgarité, humiliation, guerres et soumissions. Petit peuple et grands patrons.

Lorsque tu t’offres à moi le monde n’existe pas. Les autres disparaissent. Je commence la danse, en donne le rythme mais tu me guides, me conduis aussi. L’égalité entre nous est parfaite. Je ne suis pas un vampire me nourrissant de tes cris. Je suis une déesse de l’amour qui cueille le meilleur de toi et t’offre de même. Lorsque mes coups te font souffrir au point de me demander de te battre moins fort c’est mon âme qui est chagrine. Je te veux heureux et amoureux dans la douleur. Je suis tienne quand tu es mien. Ton corps se fond dans mon latex  et c’est l’amour que je te fais avec ma bouche, dans ce cou que je déchire. Un amour d’une pureté absolue, d’une candeur à faire pâlir Marie. Mon sexe coule tandis que le tien se dresse fier de me faire ainsi tourner la tête, le cœur et les sens. Tu m’offres tes cris que je bois, tes odeurs qui ne mentent pas. Tu te sublimes et par là même, me sublime.

J’ai autrefois connu la douleur dans d’autres bras et je sais qu’à cette époque c’était moi la Domina. Je conduisais mon bourreau au-delà de mes cris, je le manipulais, l’emmenais dans mes nuits. Avec lui j’ai vite arrêté ces jeux. Je ne supportais plus de l’aimer seule quand lui ne faisait que passer son ennui sur mes reins et dans mon lit. Je ne pouvais plus accepter ses rictus ridicules quand, par miracle, il jouissait dans mon corps. Et puis le dominer, alors que je me soumettais à ses violences, ne m’intéressait clairement pas.

Je me suis offerte dans des cordes merveilleuses ensuite. Là j’ai vécu l’abandon total et la jouissance absolue. Mais encore une fois seule, puisque ces moments tantriques pour moi restaient juste plaisants pour lui. Après avoir expérimenté la douleur et l’abandon  il m’a fallu me ressentir en tant que Domina. Je remercie infiniment Petite Chose de m’avoir offert ce rôle. Rôle préparé au début puis habité, sublimé, adoré. Scénario réécrit avec mon ami aux yeux couleur du ciel.

Quand le latex enserre mon corps, que mes pieds affrontent mes talons, que mes cheveux sont libres: je suis Domina. Je me concentre sur toi, te tourmente, te gobe. Je veux te conduire où j’ai décidé de le faire en te laissant le temps nécessaire pour atteindre ce but. Tu me proposes des chemins qu’il m’est possible de prendre ou de refuser. Lorsque tu glisses dans mes bras, que tu suis mes envies et les réveilles: alors je sais que nous sommes parfaits. A notre place. Que ma danse se mêle à la tienne et que nous sommes déjà yin et yang. Absolue pureté. Clarté.

N’écoute pas les voix qui hurlent que je te bats par sadisme ou que ton masochisme te tuera. Je ne veux pas d’étiquettes sur ce que tu vis dans mes bras, ce que je construis dans ces moments là.

Ta bouche, ton torse, ton sourire. Je te veux à moi pour ce temps volé qui se terminera par un long baiser.

Il faudra un jour que je t’offre mon corps, que tu en découvres la sensualité au-delà de la brutalité. Il faudra aussi que tu m’aimes plus que ces minutes de complicité. Alors tu auras la femme parfaite à tes côtés. Celle capable de tous les abandonner pour te cultiver. Celle faite pour te déraciner pour mieux te trouver. Celle qui d’un fouet te comblera, d’un baiser t’éblouira, d’une parole te charmera. Je sais que ma quête ne fait que commencer mais j’avoue avoir hâte parfois de te trouver. Viens à moi homme au regard troublant. Viens à moi pour goûter à ma main fouillant tendrement tes fondements. Je te veux amoureux, fidèle, gourmand. Fier d’être ma chose quand la nuit tombe. Heureux d’être mien le reste du temps. Je veux faire du monde notre terrain de jeu pour qu’à ma mort tu puisses te souvenir de ces moments. Fier de ta puissance, de ta soumission et de ton engagement. Fier de mes tortures, de mes armures, de mes aventures. Fier d’avoir été aimé à ce point là quand d’autres se satisfont du trop peu. Je te veux muse pour mes textes et mes envies de sexe. Muse pour mes claquements de fouet, mes aiguilles et mes rires.  Muse parce qu’écrire ma vie à tes côtés ne sera que beauté…

Ta bouche, ton torse, ton sourire. Tu me plais, je vais te dévorer. Rires. Attends, ne t’enfuis pas, je ne mords pas…

Je ne mords pas… Enfin si!

Je mords, je goûte, je suce et je suçote.

Je doigte, je pénètre, j’écartèle, je te bois, j’halète, je suis prête.

Prête à t’aimer, te dévorer, te martyriser, te sublimer.

Pour l’éternité.

 

 

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De pierre

Mon cœur de flammes est devenue pierre en une nuit. Ce n’est pas de sa faute il s’est accroché aux hommes de cette vie. Trop vite amoureux, il vous suffisait de faire jouir son ami corps et chanter à son âme de douces louanges, pour qu’il s’enflamme.

Seulement voilà, à se consumer ainsi, on finit par épuiser ses réserves de bois pardi!

Alors le voilà, ce matin, à terre et sans combustible.

Le photographe? Bah tu as aimé une chimère, as vu dans ses « riens » des signes d’amour qui n’ont jamais existés et as rêvé seul à une vie sous le même toit. Vie qui ne plaisait   qu’à toi! Mauvais combustible qui t’a embrasé trop vite, trop longtemps. Zhou poubelle!

Le réfugié politique? Un sexe hors-norme mais sérieux, petit cœur, à part son odeur à tomber il pouvait te rendre heureuse comment?

Le Ptit Bonhomme? Ton petit cœur a fondu trop vite pour lui. Vite aimé, vite oublié. Lui en a fait de même, vive l’égalité!

Les amours bidons de soirée? Bah rien que leur nom fait flipper n’est-ce-pas? Des fouettés, des mordus, des charmeurs rompus, des djeuns aux corps de rêve et j’en passe. Petit cœur tu t’attendais à quoi avec eux à part être déçu!

Et puis il y a celui que tu t’obstines à aimer et de qui tu t’obstines à être aimé. Cet homme qui ne devrait être que ton compagnon de route et non ton amant. Ses plans sont clairs: tu vas rester sur cette plage, seul et en larmes. Putain bouge et fuis-le. Petit cœur il y a des histoires qu’il faut savoir arrêter avant de trop pleurer. Tu n’as pas d’avenir dans cette histoire, pas de futur, trop de sourires offerts déjà. Trop d’espoirs vains. Pars. Ne te retourne pas. C’est fini depuis le 31 Octobre, tu le sais bien…

Petit cœur de flammes pourquoi ce matin je ne te sens plus brûler mes entrailles. Pourquoi je te sens lourd et engourdi?

Quelques flammèches volent encore près de toi mais tu ne voles plus, tu gis au sol. Petit cœur de flammes pardon de t’avoir laissé partir si loin, pardon de ne pas t’avoir protégé de toi-même. Pardon d’avoir cru bêtement que tu vivrais éternellement…

Ce matin, tandis que le soleil se lève, tu meurs. Mes larmes ne suffisent pas à te faire renaitre de tes cendres. Le Phénix ne viendra pas t’aider cette fois-là. Tu t’es déjà tellement relevé ces derniers mois. Tu n’en peux plus. Comme je te comprends petit cœur de flammes à terre.

C’est un cœur de pierre qui a remplacé mon cœur de flamme ce midi. A l’heure où le soleil illumine ma demeure, tu es parti. Le cœur de pierre me fait un mal de chien. Je le connais depuis toute petite. C’est celui qui me disait de ne jamais aimer, que la douleur d’un amour perdu justifiait son ordre de ne jamais aimer.

Je sais que dans chaque vie il y a des listes à cocher. J’ai la chance d’en avoir eu beaucoup de complètes. Je n’ai jamais eu la chance d’aimer, d’être aimée et de construire. Je vais enterrer mon cœur de pierre dans le jardin ce soir, à la tombée de la nuit, à côté du cabanon. Il rejoindra d’autres cadavres amis. Certaines femmes apprennent à renoncer à porter un enfant et le font avec brio. Je suis incapable d’avancer en couple sous quelque forme qu’il se présente. A moins de l’accepter.

La nuit tombe, petit cœur de pierre repose en paix dans cette terre que j’affectionne et où je vis de jolis moments avec mes enfants, ma chienne, mes livres et mes écrits.

 

Petit cœur de flammes: merci d’avoir essayé de me faire croire qu’aimer avait du sens pour moi.

Petit cœur de pierre: pardon de t’enterrer dans cette terre trop humide pour toi.

Je pars maintenant coudre bord à bord la plaie béante que vous avez laissée en moi.

Marcher à tes côtés

Je suis neige ce matin pour me poser délicatement sur tes cils. Tes yeux pétillent, tu souris. Je ne pense jamais t’avoir dit à quel point ton sourire me fait fondre. Fondre à la manière des groupies, fondre à la manière des martyrs, fondre à la manière de cette neige qui, au contact de ta peau, ne peut que devenir fluide.

Fluide, eau, salive, je me rêve tout ça sur toi, en toi… Je suis cette nature qui t’entoure, cette yourte qui te protège aussi. Tu marches. Tu ancres ta vie dans cette forêt jolie.

Ce petit bout d’arbre que tu caresses m’enverra ton toucher, la douceur de ta main certainement gantée. Je veux être ton autre main qui retire ce gant. Cette autre main qui se frotte à la première pour la réchauffer. Celle qui parcourt le dénivelé de tes doigts, la rudesse de certains endroits de toi, la douceur du reste de ton poing. Je veux sentir le sang arriver, irriguer tes extrémités, te réchauffer. Je me veux hanches, dos, épaules quand tu les étires et les remplis de ta force d’homme, ton élan vital.

Tu vois, bel homme des bois, pendant que je t’écris cela le soleil illumine mes doigts alors que l’obscurité ne se retirait pas depuis le petit matin. Je veux que ce rayon qui me réchauffe les mains  réchauffe les tiennes. Je veux nous rêver unis même trop loin par cette ligne de feu. Cette ligne des dieux… Les tiens, les miens, ceux que nous inventeront pour expliquer le pourquoi du comment de notre commencement.

Commencement, notre première fois. Tu te souviens? Chez toi, avec ces deux femmes lumineuses, pour un atelier chant. Ma peur de ne pas pouvoir vous suivre. Toi l’homme rompu au yoga des sons, elles chanteuses depuis longtemps déjà. Et puis vous m’avez portée, sublimée et ma voix a vibré, nos yeux se sont croisés. Te rappelles-tu ces chants à quatre voix, cette communion, ce « quand ne te voye ». Chant d’amour, chant de troubadour.  Je la chantais ce matin en pensant à toi, juste après que mes draps aient accueillis mes eaux de femme libre et que la chambre retrouve le calme d’après les cris. Tu m’aimerais ivre de ton image, ivre de ta voix, en larmes de joie, en fontaine de femme animale, en odeur de sexe repu. Mais chut, je ne peux pas t’avouer tout cela, je ne l’assume pas…

On s’est revus le jeudi sur tes tapis. Tes lèvres sur mes joues comme privilège m’ont toujours fait un bien fou. Ton odeur de sueur aussi. La délicatesse de ton déroulé de pieds m’a toujours fait vibrer. Voir ton pied s’ancrer dans le sol puis s’en décoller, s’y remettre, se fondre dans ton autre jambe est un spectacle d’une séduction extrême. Ton tapis qui plie doucement sous son emprise, tes chaussettes que tu retirais vite, des détails qui, chez toi, devenaient souvenirs. Souvenirs que j’ai gardé inscrits en moi toutes ces années comme autant de petits moments gourmands.

Et puis il y a ce corps que je transforme à tes côtés. Corps que j’apprends à sublimer, à mettre à l’épreuve sans le blesser. Etrange paradoxe: pousser sans jamais brutaliser. Ne pas sortir de la zone limite. Ne pas en sortir et se perdre dans la douleur ou la maltraitance. Te suivre, ne pas se laisser embarquer… Au-delà du yoga c’est de toi aussi dont tu parlais dans tes cours à travers ton corps. De ta recherche du sens de la vie, de spiritualité aussi. Hier tu m’as dit savoir quoi faire de ce don et comment le partager. Fonce. La vie ne nous attend jamais, les beaux projets aussi… Les femmes et les hommes de qualité devraient ne même pas douter de la légitimité de leurs oeuvres.

La neige tu t’y enfonces à présent, le regard perdu dans cet horizon qui te plait tant. Tu sais que tu peux tout réussir et que tu vas tout réussir. Laisse moi encore un instant être cette neige qui crisse lorsque ton pied chéri se pose dessus. Cette neige qui s’élargit pour te laisser maitre de l’instant. Laisse mon corps s’ouvrir en m’imaginant tienne, en m’imaginant pleurant de joie en t’accueillant. Comme cette neige je fondrai à ton contact, je me transformerai. Je ne peux accepter cette idée, pas encore.

Je crois avoir toujours résisté à l’appel de ton âme, de ton corps, de ton sourire. Ce n’est pas de la timidité poussée à l’extême ni du désintérêt bien au contraire. Je sais combien ma vie est transformée depuis toi, depuis ces jeudis, depuis ce vendredi où nous sommes allés faire les courses du déjeuner ensemble. Tu étais dans ta rue, je sortais du métro. Tu m’as demandé ce que je faisais les deux prochaines heures, je les ai passées avec toi. Souvenir délicieux là encore. Souvenir d’autrefois.

Hier je tentais de visualiser ce que tu es pour moi. Je pense avoir trouvé. Imagine toi en randonnée dans une forêt luxuriante mais dans laquelle les nuits sont terribles. Il te faut marcher et avancer vite pour rejoindre le refuge avant que le noir ne s’installe. Tu n’es pas seul mais dans un groupe de randonneurs plus aguerris que toi qui supporte ta relative lenteur. Toi tu es en nage et tu es au max de tes possibilités mais tu as peur comme eux de ne pas arriver à temps. La nuit te terrorise et l’adrénaline te mobilise. Tu montes deux par deux des marches de bois rendues très glissantes par un nuage de gouttelettes dont tu ignores la provenance tout d’abord. Tu es à bout de souffle et t’arrêtes un instant. Et là, en tournant la tête à droite tu la vois! Une cascade superbe digne des plus grands films d’amour qui ornaient les murs de ta cousine il y a 30 ans! Vu de l’extérieur cela est risible. Tu peux te dire: « c’est quoi cette visualisation bidon!! » mais attends. Je vais t’écrire autrement comment je te vois dans cette projection…

J’ai chaud, mes mollets sont déchirés par une douleur que je ne tolère plus. Il me faut avancer. Le groupe se plaint du temps que je leur fais perdre. La nuit arrive. Ses dangers aussi. Plus que quelques heures et nous seront sauvés, au chaud dans cette maisonnée. Mes poumons me brûlent, demandent grace. Je suffoque. M’arrête un instant en m’appuyant sur ce rondin, garde-corps de ces escaliers glissants. Une vapeur tiède me recouvre, le bruit puissant d’une cascade me fait tourner la tête. Elle est là. Forte, haute, bruyante, attirante, femme et homme à la fois, divine assurément. Je commence à descendre, voulant la toucher, te toucher, mais un bras me retient. Je ne dois pas te rejoindre, ils ne pourront pas rester, je vais crever. Oui mais voilà en l’occurrence ne pas t’approcher là, tout de suite, c’est ça qui va me tuer. Mon corps ne me soutient plus, mes jambes s’avancent, je les sens crier que c’est pure folie et partir. Je m’approche. Mes pieds sont sur ton sol, ma main tient encore les rondins. Je ne peux choisir. Je pleure. Personne ne peut m’aider à décider.

Voilà. J’en suis là aujourd’hui quand je pense à toi. Je sais qu’il y a déja un avant et un après toi. Je sais aussi que je ne sais pas quoi faire de tout ça. Constuire une amitié, une rencontre sensuelle, un amour, une vie à deux… Un chant partagé, un repas dégusté ou que sais-je d’autre encore. Je suis perdue quand tu es là. Je suis mourante sans toi dans ce monde terrible qui ne me correspond pas…

Alors je mets de côté mes images, mes souvenirs, mes peurs et je me fais neige encore une fois. Neige qui crisse sous tes pas, neige qui fond sur toi, neige que tu lèches et bois. Je suis cette eau qui te lave, ce tissu qui t’absorbe, ce corps qui me dévore. Je veux être tes yeux pour ne rien perdre de ce pays où tu vis aujourd’hui. Je suis ce chiot à tes côtés ivre de liberté et de fidélité. Passe tes doigts dans ses poils pour le démêler pour que je sente, dans mes cheveux, la vie passer.

Lorsque tu te couches je suis ce drap qui enserre tes épaules et tes bras. Je suis cette corde de guitare que tu brutalises ou caresses. Je suis le souffle du vent quand il fait voler tes cheveux ou tressaillir ta barbe. Le soleil t’éclaire comme mon sourire le fait devant l’écran. La lune te berce comme je le fais la nuit en m’endormant. La flamme de ma bougie qui sursaute me rappelle l’émotion d’après ta voix. Emotion intense sans nom puisqu’il n’y a que toi qui provoque cela en moi…

Un jour je t’écrirai combien je rêve de poser ma bouche sur la tienne. Combien ma main souhaite découvrir les collines de ton corps. Combien mon sein attend ta bouche et tes mains… Je te crierai les mots qu’il faut me chuchoter pour me faire rougir, les souffles qui me font frémir. Un jour j’oserai te dire en face « J’ai envie de toi. De ton corps, de ton cœur et de ton âme. De ton temps de vie aussi. De construire un nous dans un nid ». En attendant je savoure comme des trésors les parcelles de toi que tu m’offres ici et là. Merci d’être entré dans ma vie même si tu es clairement mon ovni, objet vibrant non identifié. Nos chemins sont liés. On a l’éternité pour apprendre à danser!

Sur le départ…

Le bonheur ne se cherche pas: il se vit. L’amour ne mérite pas le sacrifice de soi à tout prix. La vie, ma vie, n’attend plus.

Je me lève ce matin le cœur plein des larmes de l’enfance, plein des doutes de l’adolescence, plein des projets de l’adulte, en espérant trouver la paix de la vieillesse.

J’ai offert mon corps, mon cœur, parfois aussi mon âme à des centaines d’hommes et de femmes. Aujourd’hui il me faut souffler. Me retrouver. Prendre enfin le temps de m’aimer et de me construire. Seule. Sans son regard. Sans ses mots. Sans ses gestes. Sans elle et sans lui.

J’ai aimé, adoré, fantasmé, vécu mille vies mais là je suis épuisée. Il me faut à tout prix arrêter. Arrêter les réseaux sociaux qui me chagrinent autant qu’ils me câlinent. Arrêter ces rendez-vous parisiens charmants mais sans lendemain.

Se poser, enfin, et lister mes envies. Les vraies. Celles qui prennent aux tripes et nous font foncer au concert de Pasi avec un compagnon de vie. Celles qui nous font écrire avant même de prendre douche et petit-déjeuner parce que la vie nait de l’envie. Parce que je ne supporte plus de voir tout ce temps libre me filer entre les doigts. Parce qu’il faut bien l’avouer je n’ai trouvé personne qui pourrait te remplacer, toi.

Il y a en moi deux femmes qui vont devoir faire la paix et s’équilibrer. La femme qui adore sa maison dans la forêt, ses enfants, son chien. Femme qui cherche à organiser au mieux les journées de la maisonnée, qui apprend à aimer rester chez elle. Femme qui découvre l’envie de cuisiner, l’envie de décorer mais toujours pas celle de nettoyer et à peine celle de ranger… Sourires.

Et puis il y a cette autre femme en moi. Celle qui aime la liberté et rugit si elle est enfermée. Celle qui d’un claquement de doigts amène dans ses bras des partenaires exquis. Cette femme a besoin de vivre dans le secret, de ne se dévoiler qu’à ceux qui pourront l’aimer et la choyer. Femme artiste elle a besoin de voir du monde, de sortir, de rire. Enfermée elle se meurt.

Et puis il y a toi. Toi avec qui tout allait si bien et avec qui tout dégringole aujourd’hui. Toi qui m’a montré qu’aimer et être aimée étaient des expériences merveilleuses. Toi que j’aurais vraiment aimé demander en mariage et de qui j’aurais été honorée de porter le nom. Toi dont je ne vois ce matin que les paillettes et la futilité. Toi qui m’as emmenée loin dans les plaisirs de l’égo et des corps. Toi dont l’éclat est terni au moment où j’écris.

Cette nuit j’ai regardé pendant des heures une série sur netflix. Au-delà d’un certain nombre de stéréotypes américains agaçants, je me suis retrouvée dans Riley l’héroine. Une femme qui ose accompagner ses clients vers leurs femmes alors qu’elle pourrait devenir leur escort et ainsi gagner assez d’argent pour maintenir son train de vie et assurer un bel avenir à ses enfants. Une femme qui tente de garder le sourire malgré l’abandon de son mari et l’absence d’explication sur ce départ. Une femme qui apporte son petit grain de chaleur pour épicer la vie et l’adoucir s’il le faut. Une femme qui dès le début fonce dans la vie et ne se retourne pas. Une femme mère, collègue mais aussi sensuelle. Une amoureuse blessée mais qui, on le sent déjà, plait et se relèvera.

Alors ce matin je me lève et j’écris. Avant même de prendre ma douche, avant même de manger. J’ai vécu quatre années sublimes mais qui ne m’ont pas permis de trouver cet idéal dont je rêvais. Idéal qui n’existe bien sur pas. Idéal qui me semblait la panacée, moi qui avait été emmurée dix-huit ans par deux tortionnaires différents. J’organise mon temps libre à l’aide d’un bullet journal, un bujo. En recevant celui qui me servira en 2018 j’ai été déçue. Moi qui adore les bujos pointillés qui laissent libre court à mon imagination, me voici avec un modèle à lignes, presque à quadrillage d’une austérité qui me fait fuir au premier abord! J’avoue avoir hésité à l’utiliser un moment puis j’ai accepté et j’ai foncé pour le remplir. 2018 sera l’année des priorités et de la simplicité. Ce cahier ligné sera parfait. La couleur n’y sera admise qu’avec un stylo quatre couleurs. La mise en place sera sobre et efficace. Je m’offre un bujo clair et allégé. Un carnet efficace pour m’accompagner dans une vie plus minimaliste à tout point de vue. Et c’est parfait ainsi. Ecrire trois gratitudes ou bonheurs par jour depuis un an m’a permis aussi d’accepter ce qui est plus facilement. Ce bujo est ligné et alors, joue avec cette contrainte. Tes feutres se dégradent? Dégaine ton quatre couleurs et fais en ton stylo bujo. Et puis ce nouveau carnet est d’une couleur rouge à tomber et est très bien fait. Son papier glisse et te plait alors fonce!

Ce matin j’ai envie d’une douche hypnotique. De cette douche qui lave des soucis, des amours finis, des maris, des tromperies, des jalousie. Ce matin je te dis au revoir à toi, à elle, à eux, à lui. Après cette douche il me faudra encore voyager en autohypnose dans une montgolfière. Je jetterai chaque sac de sable avec calme et le sourire aux lèvres pour que cette bulle m’élève joyeusement dans le ciel. Je prendrai le temps de bien regarder ce que contiennent ces sacs, mes sacs de vie. Mon inconscient m’aidera. Et puis je savourerai la légèreté de ce ballon voguant dans le vent. Image métaphorique de ma liberté trouvée, de mon moi sublimé, de mes envies écoutées et réalisées.

Il y a un mois j’étais à Dèmonia puis dans un hôtel merveilleux dans ses bras. Aujourd’hui j’ai encore un mois pour lister mes envies pour 2018. Je ne sais pas à ce jour ce qui compte vraiment le plus pour moi. Il me faut des amis horizontaux, des compagnons de vie, de belles femmes à séduire, d’autres à adorer. Il me faut ma forêt et mon chien, ma plume et mes sorties. Je veux des lectures à la bougie, des soirées dansantes extravagantes, des massages coquins et des bains moussants seule dans ma salle de bain. Je ne peux vivre que dans le calme et la solitude s’ils s’associent régulièrement aux claquements des fouets et aux lèvres de ma Divine.

Le bonheur ne s’attend pas, il se vit. Je m’offre un mois de répit avant de lister mes envies et de démarrer 2018 dans la paix de celle qui sait…

J’aurais aimé-Je préfèrerais ne pas.

J’aurais aimé être la feuille d’automne qui danse dans le vent.

Je préfèrerais ne pas me soucier du froid qui me mord.

J’aurais aimé me glisser sur ce sol moelleux et odorant, fait du compost des arbres d’avant.

Je préfèrerais ne pas danser seule, en t’attendant.

J’aurais aimé que mes forces et mes couleurs t’attirent près de moi, tout doucement…

Je préfèrerais ne pas m’asseoir ici mais là-bas et regarder les couleurs vibrantes des feuilles tombées de ces arbres craquants.

J’aurais aimé que tu sortes ton appareil photo et que tu me mitrailles inlassablement.

Je préfèrerais ne pas te voir pleurer sur ce banc éloigné du lieu de ma chute. J’aurais aimé être ta modèle préférée, celle pour qui tu te contorsionnes pour faire de beaux clichés. Je préfèrerais ne pas connaître l’ami qui te rend si triste aujourd’hui.

J’aurais aimé réussir à te sublimer, jolie feuille rougeoyante aux courbes délicieuses, tombée là à quelques pas de moi.

Je préfèrerais ne pas t’oublier jolie femme, mais mon temps est compté.

J’aurais aimé te photographier, jolie feuille à mes pieds.

Je préfèrerais ne pas mourir ce soir pour voir encore ton regard s’émerveiller.

J’aurais aimé te conserver pour l’éternité mais je ne peux que te graver sur le papier.

Je préfèrerais ne pas t’oublier mais ma sève est déjà asséchée.

J’aurais aimé que tu vois le cliché que j’ai fait de toi à l’instant, pour sûr, tu l’aurais adoré.

Je préfèrerais ne pas redevenir poussière mais c’est ma destinée.

J’aurais aimé devenir poussière comme toi, pour danser le reste de ma vie avec toi…

 

Consignes: alterner les deux débuts de phrase.

Entrer en jeu

Entrer en jeu. Ne pas pouvoir me noyer dans tes yeux que tu gardes baissés. Poser un regard dur sur toi pour juger de tes compétences à venir.

Entrer en jeu…

Ouvrir ton âme d’un claquement de fouet, d’un baiser ardent, enflammé, affamé. Solliciter ton abandon, t’ouvrir, t’écarteler.

Entrer en jeu.

Ne surtout pas te détacher trop vite puisque je veux que tu restes longtemps fixé sur cette croix, déshabillé, nu, offert. Bel homme objet, je t’adore déjà. Tu es la chose que l’on pose, que l’on plante, que l’on plonge dans un état de transe trouble et étincelant. Etat dont tu ne pourras te détourner, que tu ne pourras oublier.

Entrer en jeu…

Je veux te jeter contre tes peurs pour que tu les lances, les plonges, les abandonnes enfin. Je suis là pour te soutenir dans cette bataille, pour que tu n’esquives pas encore une fois ce combat.

Entrer en jeu.

Mon fouet lèche ton sexe, ton ventre, ton torse , parfois ton visage quand l’envie de toi me fait oublier la bonne trajectoire. Ma main dessine des huit qui habillent ton corps vigoureux d’homme. Jamais ton regard ne se pose sur moi. Le son du fouet m’électrise et m’enivre. Je lui appartiens

Tu te noies dans mes mains qui, à présent, te griffent, te malaxent, soutiennent ta douleur. J’aime par-dessus tout griffer tes fesses et avancer ton bassin contre le mien. Tu gémis et me supplies de continuer. Demande refusée comme tu pouvais l’espérer.

Des regards glauques, sombres, noirs, jamais maussades, parfois lubriques glissent sur nous, nous fixent. Je te porte et te promène dans mon univers. Tu parles à mon âme et m’accompagnes.

Entrer en jeu.

Le noir de ma robe habille le blanc de ta peau parsemée des morsures du fouet que j’ai abandonné, fait glisser au sol. Le latex te réchauffe, enveloppe ce sexe majestueux qui maintenant s’offre à ma vue dans sa plus belle forme: tendue sans outrance, offerte comme tu l’es, incroyablement appétissante pour la gourmande que je ne serais pas ce soir.

Entrer en jeu.

Nos corps humides, brouillés, voilés par l’osmose de nos âmes flottent dans cet autre temps. Ils se fondent, se touchent, s’embrasent.

Je t’embrasse, te libère de tout: de tes peurs, de tes pleurs, de tes cris, de ton ennui, de notre folie. De ces chaines qui te maintenaient offert à ma cérémonie…

Tu te jettes à mes pieds, me remercie. Nos regards se croisent enfin. Je crois que je t’aime dès cet instant.

Entrer en jeu, entrer en toi, entrer en « je ». Merci infiniment d’avoir partagé cela avec moi.

 

Pour toi l’inconnu qui hante mes nuits. Pour toi Petite Chose qui a permis cette folie.

Contraintes d’écriture: utiliser le plus de verbes et d’adjectifs issus d’un texte de Denis Hirson « Ma langue au chat ».

Une nuit à Démonia

La vie me fait des cadeaux chaque jour et je l’en remercie.

Hier se déroulait la fameuse soirée Démonia, une soirée fetish passionnée et passionnante. J’y ai retrouvé mes merveilleux amis du monde de la nuit, mon soumis et mon grand amour.

Passons sur la musique que je n’ai pas appréciée, sur les ateliers qui n’existaient pas, sur l’absence de véritables spots pour pratiquer le shibari et revenons à l’essentiel: la démesure, l’amour, le désir, les coups de martinets.

Ce rendez-vous incontournable réunit plus de 1400 personnes en même temps dans un lieu de prestige: le Faust. Les lieux ne sont pas immenses et je m’y retrouve sans problème. Le personnel est tout simplement charmant et très professionnel. Le vestiaire convenait bien et la queue était très rapide contrairement aux précédentes fois.

Comment vous décrire ce phénomène? Imaginez 1400 personnes toutes vêtues de latex, de vinyl ou de cuir à vos côtés? Des tenues cousues main comme cette catsuit noire magnifiée par la broderie créée par sa propriétaire. Voyez-vous cette femme en cage à perruque 17ème? Cette adorable femme en corset blanc et perruque assortie, sourire aux lèvres toute la soirée? Admirez-vous cet homme à tête de cheval et latex de haut en bas?

Dans cette soirée vous pouvez croiser un wiking de presque deux mètres discutant avec une liane vêtue seulement de caches-tétons en cuir représentant un soleil, une infirmière sexy ou une religieuse soumise à son pasteur. Tout est possible, tout est beau et personne n’est « trop » dans ce lieu de démesure.

Moi qui ne tient pas deux heures avec des talons de 6cm, j’ai été conquise par ces hommes en corset montés sur des chaussures aux talons ubuesques.

J’avais choisi une robe années 50 pour cette soirée. Je voulais l’aisance de ce type de tenue que je porte au quotidien. J’y ai ajouté la grâce du latex. Adam de Nouveaux Plaisirs m’a fait découvrir cette matière au hasard d’un shooting photo chez notre ami commun Olivier Parent. En me glissant il y a quelques mois dans un vacbed, j’ai découvert le pouvoir de cette texture sur moi. Froide mais souple, chaude aussi, faisant couler des litres d’eau, cette matière a le don de se fondre sur le corps de celui qui la porte. Un enlacement que je trouve juste envoûtant et dont je suis accro. Si je le pouvais je pense que je pourrais porter chaque soir cette matière délicieuse. Ce soir je me ferai un plaisir d’entretenir ce bijou, ce costume qui me fait reine l’espace d’une nuit, cet amant toujours fidèle qui me comble de ses caresses…

Et puis vers une heure et demi les martinets ont commencé à claquer. Certaines Domina m’ont étonnée par leur inexpérience et par la dangerosité de certains coups assénés. Certaines m’ont énervée quand, pour se faire obéir d’un soumis à leur botte, elles hurlaient des insultes ou des ordres sèchement. J’avoue débuter dans ce monde mais je cherche à m’améliorer et je ne conçois pas les hurlements comme étant des preuves de contrôle. Je salue d’ailleurs deux superbes Domina blondes qui ont su m’envoûter. La première maniait à merveille le martinet et a eu l’excellente idée de former une novice. La seconde a fisté admirablement son partenaire qui lui était entièrement offert. Une magnifique séance pour l’adepte du massage prostatique et de la sodomie que je suis…Dans ces deux cas les deux femmes dégageaient une autorité naturelle que je qualifierais de douce. Leurs gestes étaient précis, leur qualité d’écoute excellente. C’est ainsi que je conçois la domination, même celle SM.

J’ai aussi pu montrer à mes amis la vision de la soumission que j’avais. Petite Chose a été un partenaire de jeux parfait. Son exhibition devant une assemblée attentive m’a comblée. J’aime cet homme adorable, maso entre mes mains. J’adore tordre ses testicules, son sexe, lui mordre les oreilles ou pincer ses tétons très fort. J’aime ses cris qu’il tente de contenir, ses tortillements quand la douleur l’étreint. Je suis avide de ses tremblements incontrôlés quand il jouit de mes tortures. Mais je ne le domine pas pour régler mon compte avec les Hommes. Je ne le domine pas par vengeance ou avec cruauté. Je lui offre sa jouissance ultime en l’emmenant sur son chemin des plaisirs: celui de la douleur et de la contrainte. Je danse avec lui. Je suis en résonnance parfaite avec lui. Je ne conçois cet échange qu’ainsi. Sans lutte. Avec beaucoup d’affection et d’amour. Cette démonstration je l’ai faite pour lui, pour mon amour de ce type de situation, pour calmer mon envie d’exhibition et la sienne. Pour danser une valse tyrannique, douce et maso. Je l’ai faite aussi devant mes amis et non dans l’intimité pour qu’ils comprennent cette part de moi. Cette part qu’ils associaient à ma noirceur alors que pour moi elle ne peut être associée qu’à une extrême bienveillance. Mon amour, je suis fière de t’avoir montré cela. Encore plus fière que cela t’ai ému et plu.

La fin de soirée fut délicieuse. Les baisers du compagnon de ma princesse, les dégustations de plusieurs soumis en même temps, mes jeux libertins et de Domina m’ont donné une force de vie incroyable. Ma robe caressée par mes hommes restera un souvenir magique tout comme certaines langues absolument divines au creux de mon corps.

Je voudrais rendre hommage aussi à une femme extraordinaire. A cette beauté qui m’a dégustée lentement mais si voluptueusement… Je t’adore, reste comme tu es. J’aime la femme des soirées et celle des confidences que tu es tour à tour, j’apprécie l’auteure et la femme que j’ai aimée autrefois. A très vite, tu étais magique hier soir!

Et puis il y a toi. Toi que j’ai rencontré il y a bientôt deux ans et demi à cette même fête dans de jolies crayères. Toi qui m’avais plu immédiatement avec ta canne « de la mort qui tue ». Toi qui t’étais enfui trop vite pour que je succombe. Toi qui es aujourd’hui le grand amour de ma vie. Celui avec qui tout est possible et simple. Celui que je désire plus que quiconque et qui fait de nos ébats les photos les plus sensuellement pornographiques. Tu es le seul à me faire sortir de ma grotte, à t’interroger sur mon amour de la nature et de la réincarnation, à supporter ma passion du bujo et mes faibles dispositions pour jouer de la guitare. J’aime être la seule qui t’offre ces caresses dont tu es fou, la première à te masturber nu sous ton pantalon moulant. La femme de tes moments paillettes, la femme de l’ombre qui éclaire notre couple. Ce couple qui éveille de doux regards en soirée, qui me rend enfin certaine du pouvoir de l’amour. Mon Capitaine merci pour ces moments uniques. Vive Démonia qui nous rend encore plus beaux, amoureux et forts. On s’y revoit en 2019? Une tous les deux ans se sera parfait… Je t’aime, t’adore, te désire. Tu ne me manques plus puisque je t’ai dans la peau, dans le cœur et dans l’âme jour et nuit, chaque jour que ton dieu ou le mien fait.

J’aime les soirées Démonia. Je les aime pour leur exubérance, pour le public passionné qui s’y trouve. J’aime quand de formidables Maitres ou Domina s’occupent fermement de leurs soumis, attentifs à leur intégrité physique et morale. J’aime les vestiaires à quatre heures du matin quand mes amis remettent leurs jeans-baskets et partent dormir chez eux, loin de cette ambiance festive et totalement hors norme.

Cette journée va être longue parce qu’il va falloir que je revienne dans ma bulle, mon cocon quotidien alors que je suis encore cette femme léchée par cinq hommes en même temps. Je dois ranger et nettoyer mes affaires alors que je danse encore en robe violette sur la piste de danse. Il me faut sortir le chien sous cette pluie glaçante alors que le latex est inscrit dans mes chairs.

Le retour sera lent et doux parce qu’il ne peut en être autrement. La nuit la plus longue de l’année a été dignement fêtée. Merci à tous ceux présents pour la rendre inoubliable mais que je n’ose citer ici…

 » La vie n’est que le reflet des couleurs qu’on lui donne ». Pour moi elle sera noire, rouge et violet. En latex bien entendu…

Enchantement

J’ai froid. Il fait terriblement froid sur ce sol jonché de feuilles dorées. Je suis blessée, seule, paniquée. De ma jambe coule une gorgée de sang, jusque sur ce sol humide de la rosée du matin.

J’avais pourtant fait attention en randonnant de bien suivre le gps de ma montre. J’avais pris le temps d’assurer mes prises avant d’entamer de gravir cette petite hauteur. Ma chaussure avait glissé sur cette roche humide et j’étais tombée. Trop bas pour être vue ou entendue du chemin boueux, trop fort pour me relever et me sortir de là.

On nous fait croire que notre dernière heure venue ce sont de nobles souvenirs qui nous reviennent en tête. Ici et maintenant moi je ne pense plus à rien. Ou plutôt je ne pense plus qu’à ça. A la chaleur de sa peau cet automne dans mon lit, à la dextérité de cet autre à la langue adorée. Je ne veux que ça: me faire prendre par mes 104 amants, les laisser me rassurer et me dire que je vais vivre et survivre. Jouir encore.

Les feuilles caressent mon visage comme autant de mains attentives à mon désir. Le vent chante nos plaintes, nos plaisirs. Il se glisse entre mes vêtements et ma peau, m’électrise. Sa chaleur me convient: ni trop brûlante ni trop fraiche. Juste tiède comme la bouche de ma compagne au petit matin en sortant le chien. Le souffle est saccadé et entrecoupé de moments doux et lents. Ce vent sait me plaire en variant les plaisirs, en m’enveloppant, me dégustant subtilement.

Je sens ses dents me tirer les tétons, me gravir comme on gravit la montagne de la vie. Je sens cette femme ouvrir sa bouche pour boire ma fontaine et s’en asperger le corps. Je revois ces corps enlacés la nuit au Taken ou ailleurs.

Je glisse sur le sol, cherche un arbre contre lequel m’adosser. La douleur se fait monstre inhumain qui broie ma chair et me rend vulnérable aux attaques des mouches et autres bestioles répugnantes.

Un chêne m’accueille alors que mes forces m’abandonnent, alors que le froid m’envahit. Je lève les yeux et apprécie le paysage. Je ne pensais pas mourir si jeune mais quel putain de bel endroit! Que mon corps nourrisse ces larves, ces insectes rampants et volants. Que je me fonde dans le sol pour embellir ce lieu et ne jamais vraiment disparaître…

Le soleil réchauffe mon visage. J’y vois un instant tes yeux d’un vert profond. Le rayon chauffe mes épaules, mes seins qui se raidissent outrageusement, brûle mon bassin, mes jambes. Mon pubis désormais tremble sans que je ne comprenne pourquoi. Il semble animé d’une force primitive, un dernier souffle avant la grande nuit sans doute…

Pour le moment la chaleur du soleil me détend, m’apaise, me fait sentir encore vivante, vibrante, touchante, attirante.

Et puis la tête me tourne, la jambe me lance, un flot abondant de sang s’en écoule, j’hurle. Des oiseaux s’envolent, je pleure et crie de douleur. Je suis esclave de cette dernière comme autrefois quand il me frappait dans ses cordes. Douleur acceptée et sublimée à l’époque, subie aujourd’hui dans ma chair meurtrie.

La nausée me prend, mon corps convulse, je tombe et pleure. Personne ne va venir me sauver. Personne ne saura ce qui m’est arrivé. Je suis foutue et c’est ainsi.

Mon corps se replie en position fœtale pour survivre encore un peu. Le soleil est au zénith maintenant et me brûle. Le vent est presque absent…

Et puis le monde bascule dans une danse engageante. Les racines de l’arbre s’immiscent dans ma chair, entrent dans mon sexe, fouillent mon cul qui les laisse venir en lui. Les vagues de mon plaisir se succèdent à mesure que les lianes m’enchainent. Mes seins sont comprimés, mes mains jointes en prière, mes cheveux tirés: le monde s’est arrêté sur mon corps enlacé.

Le soleil se fait bras, doigts, sexe. Il me veut lui aussi et joue à me soustraire aux coups de cet arbre. Je suis écartelée par ces deux entités qui font de moi leur jouet, leur petite putain adorée.

Le vent nous recouvre comme une femme bienveillante quand, après des heures d’ébats, arbre et soleil s’endorment en moi.

Je souffre et me confie au sommeil. La nuit tombe. Les chouettes crient leur amour de la fin des temps. Je ne verrai pas les renards ce soir. Ils sont de ma famille mais me fuient aujourd’hui. Personne n’aime rester près des agonisants.

Cette nuit-là des milliers d’étoiles m’embrassent, me rudoient aussi . Petites et incandescentes elles savent se blottir sous mes cheveux ou mordre mon cou. Elles bavardent autour de mon corps, s’y projettent, s’y lovent. Elles me font penser à ces femmes aimées, désirées et détestées en même temps. Divines tentatrices, femelles tantriques à la peau élastique mais au coeur de pierre.

Je n’ai jamais trouvé le compagnon de vie parfait. J’y repense pendant les assauts de plus en plus violents des fées de la nuit. Les femmes m’ont fait peur mais j’étais accro à leurs soupirs et à la douceur de leurs corps. A leurs sueurs et cyprines aussi.

Les hommes me plaisaient dominants mais je les adorais se transformant en poupées obéissantes, prêtes à jouir d’un coup de ceinturon… Quant aux sex toys, bien que divins, il leur manquait le velours d’un prépuce, le frisottis des poils, la moiteur d’une aisselle d’homme après le combat…

La fin de la nuit s’approche, mes bourreaux s’en retournent au firmament. Je savoure ces quelques instants de répit. Le vent se tait. Le soleil est encore trop engourdi pour faire de moi sa putain. L’arbre dort.

Je sens une douceur inégalée m’envelopper et me soigner. La mousse du chêne éponge mes douleurs . Elle absorbe la morsure de ma jambe dont la croute rouge marque la blessure mortelle. Elle me prend dans ses bras et me murmure des « je t’aime » délicieux dont j’avais oublié le pouvoir apaisant, rassurant, vivifiant. Elle m’accompagne pour mon dernier voyage. Mousse douce,  je ne peux la définir. Elle porte en elle la beauté des femmes et la force des hommes, l’ombre et la lumière, la vie certainement aussi. Je détache de l’écorce de mon chêne tuteur une mousse plus verte qu’ailleurs et la place contre ma joue. Je retrouve le moelleux des peluches d’antan, l’odeur de la forêt que j’ai toujours aimée et l’humidité d’après l’amour. Je m’endors alors que le soleil commence à réchauffer mon corps gelé de gisante.

Quelques heures plus tard ma dépouille sera découverte par des promeneurs aguerris qui auront entendu un chant d’une douceur exquise monter d’un chêne majestueux. Unie au soleil, au vent, aux racines je me suis endormie, aimée à la folie d’une mousse capricieuse…

 

 

Requin-marteau

Ma tumeur s’immisce dans ma chaire de femme. Elle dévore le nid qui a mis au monde trois enfants et en a laissé partir trois autres autrefois.

Immobilisée par mes douleurs je ne peux plus combattre. Je suis ce corps harcelé par la douleur, cet utérus qui crie qu’il ne peut plus servir et veut mourir.

Je suis ce cœur qui frappe fort parfois, ce foie qui s’électrise de plus en plus, cette thyroïde qui s’endort, ce souffle qui ne revient pas lorsque je jouis pour toi. Le requin-marteau a frappé: harceleur difforme il me met à terre et m’assène les pires coups de mon existence.

J’ai voulu ,il y a quelques temps, mourir au contact d’un tyran. Prison dorée que je m’étais offerte pour ne pas affronter une vie qui se déroulait sans moi. Prison dont je me suis évadée, laissant le tyran broyer son monde et ses sujets. Par chance il m’a remerciée et mise à la porte. L’improbabilité de ce choix m’a sauvée et m’a, pour l’éternité, laissé le choix de mourir ou de vivre. Merci à toi l’homme arbre de m’avoir balancée hors de ton tombeau. Tu as sauvé la petite fille meurtrie en la faisant devenir femme amoureuse de la vie.

Et puis le requin-marteau est arrivé. Hâtif comme tous les salopards de cette planète. Envieux de ma santé. Il creuse mon tombeau au sein même de mon corps. Me torture jour et nuit, m’empêche de rire trop longtemps, de courir, de respirer.

Je me sens diminuée, épuisée, aliénée mais heureuse et en vie.

Je suis comme cette Allemagne dévastée qui se relève, comme cette île qui répare ses maisons, comme cette banquise qui lutte contre le réchauffement climatique.

Que signifie ce nouveau combat? L’avenir me le dira.

En attendant je savoure les mots d’amour que tu m’offres le soir, au chaud dans tes bras… Ces mots qui ne dureront pas puisque je meurs doucement. Ces mots paillettes qui font de moi une reine à la fin de ma vie.

 

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