La vie me fait des cadeaux chaque jour et je l’en remercie.

Hier se déroulait la fameuse soirée Démonia, une soirée fetish passionnée et passionnante. J’y ai retrouvé mes merveilleux amis du monde de la nuit, mon soumis et mon grand amour.

Passons sur la musique que je n’ai pas appréciée, sur les ateliers qui n’existaient pas, sur l’absence de véritables spots pour pratiquer le shibari et revenons à l’essentiel: la démesure, l’amour, le désir, les coups de martinets.

Ce rendez-vous incontournable réunit plus de 1400 personnes en même temps dans un lieu de prestige: le Faust. Les lieux ne sont pas immenses et je m’y retrouve sans problème. Le personnel est tout simplement charmant et très professionnel. Le vestiaire convenait bien et la queue était très rapide contrairement aux précédentes fois.

Comment vous décrire ce phénomène? Imaginez 1400 personnes toutes vêtues de latex, de vinyl ou de cuir à vos côtés? Des tenues cousues main comme cette catsuit noire magnifiée par la broderie créée par sa propriétaire. Voyez-vous cette femme en cage à perruque 17ème? Cette adorable femme en corset blanc et perruque assortie, sourire aux lèvres toute la soirée? Admirez-vous cet homme à tête de cheval et latex de haut en bas?

Dans cette soirée vous pouvez croiser un wiking de presque deux mètres discutant avec une liane vêtue seulement de caches-tétons en cuir représentant un soleil, une infirmière sexy ou une religieuse soumise à son pasteur. Tout est possible, tout est beau et personne n’est « trop » dans ce lieu de démesure.

Moi qui ne tient pas deux heures avec des talons de 6cm, j’ai été conquise par ces hommes en corset montés sur des chaussures aux talons ubuesques.

J’avais choisi une robe années 50 pour cette soirée. Je voulais l’aisance de ce type de tenue que je porte au quotidien. J’y ai ajouté la grâce du latex. Adam de Nouveaux Plaisirs m’a fait découvrir cette matière au hasard d’un shooting photo chez notre ami commun Olivier Parent. En me glissant il y a quelques mois dans un vacbed, j’ai découvert le pouvoir de cette texture sur moi. Froide mais souple, chaude aussi, faisant couler des litres d’eau, cette matière a le don de se fondre sur le corps de celui qui la porte. Un enlacement que je trouve juste envoûtant et dont je suis accro. Si je le pouvais je pense que je pourrais porter chaque soir cette matière délicieuse. Ce soir je me ferai un plaisir d’entretenir ce bijou, ce costume qui me fait reine l’espace d’une nuit, cet amant toujours fidèle qui me comble de ses caresses…

Et puis vers une heure et demi les martinets ont commencé à claquer. Certaines Domina m’ont étonnée par leur inexpérience et par la dangerosité de certains coups assénés. Certaines m’ont énervée quand, pour se faire obéir d’un soumis à leur botte, elles hurlaient des insultes ou des ordres sèchement. J’avoue débuter dans ce monde mais je cherche à m’améliorer et je ne conçois pas les hurlements comme étant des preuves de contrôle. Je salue d’ailleurs deux superbes Domina blondes qui ont su m’envoûter. La première maniait à merveille le martinet et a eu l’excellente idée de former une novice. La seconde a fisté admirablement son partenaire qui lui était entièrement offert. Une magnifique séance pour l’adepte du massage prostatique et de la sodomie que je suis…Dans ces deux cas les deux femmes dégageaient une autorité naturelle que je qualifierais de douce. Leurs gestes étaient précis, leur qualité d’écoute excellente. C’est ainsi que je conçois la domination, même celle SM.

J’ai aussi pu montrer à mes amis la vision de la soumission que j’avais. Petite Chose a été un partenaire de jeux parfait. Son exhibition devant une assemblée attentive m’a comblée. J’aime cet homme adorable, maso entre mes mains. J’adore tordre ses testicules, son sexe, lui mordre les oreilles ou pincer ses tétons très fort. J’aime ses cris qu’il tente de contenir, ses tortillements quand la douleur l’étreint. Je suis avide de ses tremblements incontrôlés quand il jouit de mes tortures. Mais je ne le domine pas pour régler mon compte avec les Hommes. Je ne le domine pas par vengeance ou avec cruauté. Je lui offre sa jouissance ultime en l’emmenant sur son chemin des plaisirs: celui de la douleur et de la contrainte. Je danse avec lui. Je suis en résonnance parfaite avec lui. Je ne conçois cet échange qu’ainsi. Sans lutte. Avec beaucoup d’affection et d’amour. Cette démonstration je l’ai faite pour lui, pour mon amour de ce type de situation, pour calmer mon envie d’exhibition et la sienne. Pour danser une valse tyrannique, douce et maso. Je l’ai faite aussi devant mes amis et non dans l’intimité pour qu’ils comprennent cette part de moi. Cette part qu’ils associaient à ma noirceur alors que pour moi elle ne peut être associée qu’à une extrême bienveillance. Mon amour, je suis fière de t’avoir montré cela. Encore plus fière que cela t’ai ému et plu.

La fin de soirée fut délicieuse. Les baisers du compagnon de ma princesse, les dégustations de plusieurs soumis en même temps, mes jeux libertins et de Domina m’ont donné une force de vie incroyable. Ma robe caressée par mes hommes restera un souvenir magique tout comme certaines langues absolument divines au creux de mon corps.

Je voudrais rendre hommage aussi à une femme extraordinaire. A cette beauté qui m’a dégustée lentement mais si voluptueusement… Je t’adore, reste comme tu es. J’aime la femme des soirées et celle des confidences que tu es tour à tour, j’apprécie l’auteure et la femme que j’ai aimée autrefois. A très vite, tu étais magique hier soir!

Et puis il y a toi. Toi que j’ai rencontré il y a bientôt deux ans et demi à cette même fête dans de jolies crayères. Toi qui m’avais plu immédiatement avec ta canne « de la mort qui tue ». Toi qui t’étais enfui trop vite pour que je succombe. Toi qui es aujourd’hui le grand amour de ma vie. Celui avec qui tout est possible et simple. Celui que je désire plus que quiconque et qui fait de nos ébats les photos les plus sensuellement pornographiques. Tu es le seul à me faire sortir de ma grotte, à t’interroger sur mon amour de la nature et de la réincarnation, à supporter ma passion du bujo et mes faibles dispositions pour jouer de la guitare. J’aime être la seule qui t’offre ces caresses dont tu es fou, la première à te masturber nu sous ton pantalon moulant. La femme de tes moments paillettes, la femme de l’ombre qui éclaire notre couple. Ce couple qui éveille de doux regards en soirée, qui me rend enfin certaine du pouvoir de l’amour. Mon Capitaine merci pour ces moments uniques. Vive Démonia qui nous rend encore plus beaux, amoureux et forts. On s’y revoit en 2019? Une tous les deux ans se sera parfait… Je t’aime, t’adore, te désire. Tu ne me manques plus puisque je t’ai dans la peau, dans le cœur et dans l’âme jour et nuit, chaque jour que ton dieu ou le mien fait.

J’aime les soirées Démonia. Je les aime pour leur exubérance, pour le public passionné qui s’y trouve. J’aime quand de formidables Maitres ou Domina s’occupent fermement de leurs soumis, attentifs à leur intégrité physique et morale. J’aime les vestiaires à quatre heures du matin quand mes amis remettent leurs jeans-baskets et partent dormir chez eux, loin de cette ambiance festive et totalement hors norme.

Cette journée va être longue parce qu’il va falloir que je revienne dans ma bulle, mon cocon quotidien alors que je suis encore cette femme léchée par cinq hommes en même temps. Je dois ranger et nettoyer mes affaires alors que je danse encore en robe violette sur la piste de danse. Il me faut sortir le chien sous cette pluie glaçante alors que le latex est inscrit dans mes chairs.

Le retour sera lent et doux parce qu’il ne peut en être autrement. La nuit la plus longue de l’année a été dignement fêtée. Merci à tous ceux présents pour la rendre inoubliable mais que je n’ose citer ici…

 » La vie n’est que le reflet des couleurs qu’on lui donne ». Pour moi elle sera noire, rouge et violet. En latex bien entendu…

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