En cette journée de l’amour je voudrais rire et savourer ces jolies marques d’affection. Le seul hic c’est qu’aujourd’hui ce monde n’est que violence, utilisation des autres, bagarres et autres meurtres. Un monde qui fait regretter d’avoir enfanter, qui fait regretter d’avoir aimé intensément. Qui? Pourquoi? Comment?

Franchement je profite de mon isolement pour savourer les petits bonheurs de la vie. Le soleil sur un chien endormi, le chant d’un oiseau, l’écoulement de l’eau…

Je m’attarde sur ces instants d’une beauté qui m’émeut encore. Je les déguste, les savoure, les fais miens.

Et je regarde amusée la foule des humains qui parlent des heures de l’amour, de ce sentiment qu’ils ne connaissent pas mais qui fait vendre. Des parfums. Des fleurs. Des tonnes de bonnes intentions et autres futilités.

J’ai aimé, adoré, je me suis offerte à l’Amour et aux objets de mes sentiments. Je regarde avec tendresse cette époque passée. Je ne veux plus aimer, plus m’offrir, plus m’égarer.

En français aimer est un verbe sans consistance. On aime le saucisson, un tableau, un enfant, un chien, un sentiment. Pas étonnant que ce mot n’ait aucun contenu!

Aujourd’hui j’offre ma bienveillance, ma tendresse à qui la veut. Je ne donne plus mon amour. Je répare mon cœur qui est aussi froid que ma maison ce soir.

J’apprends à aimer des instants non des gens car ils partent trop vite ou trahissent si facilement (bisous à chaton, le capitaine, la dirlo). Bisous à Nando mort si bêtement, si vite et qui ne nous laisse même pas un corps déformé pour nous recueillir…

J’ai peur de devenir ce genre de femme aigrie entourée de sa ménagerie. Heureuse seulement en leur compagnie. Il faut l’avouer, ce soir, seule ma chienne me rattache à cet univers des sentiments que je ne fréquente presque plus. Elle seule sait manier mon cœur et mon intelligence pour la sublimer. Elle seule m’accueille entièrement heureuse sans a priori.

Pour les autres je suis cette bonne soignante, cette performeuse amoureuse de sexe libre et joyeux, cette mère éducatrice trop trop cool, cette femme qui se fera belle demain au restaurant.

De moi il reste encore ces textes, mes photos, mes nus… Plus grand chose à vrai dire.

J’apprends à laisser partir ceux qui ne restent pas à mes côtés, à sortir de ce besoin d’être entourée. Retourner à cette solitude autrefois appelée timidité, aujourd’hui peine face à ceux qui devraient être mes frères et mes sœurs et qui ne sont que jouets immatures et cruels.

Et puis il m’a regardée. Ses yeux brillaient comme s’il me voyait pour la première fois de sa vie. Un regard vite baissé par timidité sur ma poitrine offerte. Rougeurs sur ses joues d’ado bourgeois. J’ai ressenti une petite chaleur au fond de mon cœur, celle des « et pourquoi pas renaitre enfin? ». Voix qui s’est éteinte après lui avoir parlé. Parce que je ne suis rien et qu’il est tout. Parce que ce monde ne mélange pas le petit personnel et le patron. Parce que sa femme meurt et que je ne serai pas celle qui lui brisera le cœur.

Parce que cette année je fuis.

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